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Forum 2008: Discours du Président du MEDS – M. Mbagnick DIOP

Forum 2008: Discours du Président du MEDS – M. Mbagnick DIOP

  • Madame le Ministre d’Etat, Ministre de la Fonction Publique, de l’Emploi, du Travail  et des Organisations Professionnelles
  • Monsieur le Ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes
  • Monsieur le Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle,
  • Monsieur le Ministre des Sports et des Loisirs
  • Mesdames ; Messieurs les Représentants du Corps Diplomatique et les Organisations Internationales
  • Mesdames, Messieurs les Présidents d’Organisations Professionnelles
  • Mesdames, Messieurs les Directeurs Généraux et Nationaux
  • Mesdames, Messieurs
  • Chers Jeunes,

Nous voilà enfin, au cœur de l’événement majeur que constitue le Forum du 1er Emploi, cette manifestation devenue le plus grand rassemblement de jeunes, à la recherche d’une première expérience professionnelle. Et vous devinez tout le plaisir que je ressens en ayant, une fois encore, l’honneur de vous accueillir, à cette occasion, pour communier et poser ensemble un nouvel acte dans la lutte contre le chômage, pour l’emploi. Comme vous le savez, depuis quelques années, le chômage s’est révélé comme un phénomène mondial qui constitue, de nos jours, une préoccupation centrale de toutes les sociétés.

 Il focalise sur lui l’attention de la communauté internationale qui, chaque jour, explore des pistes et propose des solutions pour réduire, voire éliminer le chômage dans le monde. L’emploi, le travail décent et la lutte contre la pauvreté se trouvent aujourd’hui au cœur de toutes les politiques nationales et internationales. Les nombreuses assises consacrées à ces sujets ainsi que les nombreux rapports produits sur la question attestent de l’importance de la problématique de l’emploi.

A cet égard, le « rapport sur le travail dans le monde » qui constitue un des documents du Sommet Mondial du millénaire a analysé  les effets de la montée du chômage et du sous – emploi ainsi que les évolutions  du marché du travail qui condamnent un nombre croissant de personnes, et plus encore de femmes, à de bas salaires et à des conditions de vie précaires. Cette situation jugée alarmante risque, pendant les prochaines années, de s’aggraver. En effet, l’année 2008, qui va s’achever dans quelques jours restera gravée dans les mémoires comme celle de la triple crise.

  • Crise alimentaire
  • Crise énergétique
  • Crise financière

Cette dernière crise financière caractérisée par une spontanéité et une soudaineté déroutantes, est considérée, par les spécialistes, comme la crise la plus profonde et la plus grave depuis celle de 1929. Elle a ébranlé le capitalisme financier mondial et a mis en cause le système des échanges des vingt  (20) dernières années. Cette crise financière qui a semé la panique dans les pays développés du Nord et ceux émergents du Sud commence à avoir des prolongements économiques qui menacent sérieusement les systèmes de production mondiale et font peser des incertitudes angoissantes sur la situation de l’emploi, dans le Monde. Aucun pays n’est à l’abri du cataclysme économique qui gronde et qui annonce des lendemains difficiles pour les populations.

Mesdames, Messieurs

Comme vous le voyez donc, le Forum du 1er Emploi de cette année se tient à un moment particulier, où les pouvoirs publics, partout, initient et mettent en œuvre des plans de sauvetage pour prévenir la récession et réduire les tensions qui pèsent sur l’emploi. Notre pays, le Sénégal, ne peut être en reste et doit, autant que les autres, sinon plus, faire preuve d’imagination pour rénover son appareil économique. C’est à ce prix et, uniquement à ce prix, que nous pourrons atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et faire reculer la pauvreté et la précarité. Hors, réaliser les OMD et faire reculer la pauvreté ne pourra se faire qu’à travers le fonctionnement adéquat du marché du travail.

A cet égard, il convient de signaler que la masse salariale compte pour plus de la moitié de la valeur ajoutée des entreprises sénégalaises, notamment dans les secteurs privilégiés par la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA) comme le textile et les Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC). Il convient également de souligner que les revenus du travail représentent plus des 2/3 des sources de revenus au SENEGAL.

En d’autres termes, il est improbable que le SENEGAL puisse émerger économiquement et que la majorité  de sa population puisse vivre au dessus du seuil de pauvreté sans capacité à créer des emplois avec des salaires décents. Hors, nous ne connaissons pas un autre chemin pour créer des emplois que celui qui consiste à favoriser les investissements et à créer des richesses. Toutefois, nous voulons d’emblée relever que si la croissance économique est indispensable, elle n’est pas forcément suffisante pour générer des emplois, en nombre suffisant, dans un pays comme le SENEGAL ; Pour cela, il faut encore être en mesure de produire une croissance de qualité qui requiert l’émergence de petites et moyennes entreprises et la recherche de complémentarité entre les investissements en capital physique et les compétences des travailleurs.

Mesdames, Messieurs,

L’Etat a un rôle fondamental à jouer pour favoriser l’épanouissement du secteur privé et la réalisation d’une croissance élevée impliquant la dimension de l’emploi. Le secteur privé, de son côté, naturellement, doit privilégier les investissements productifs, générateurs de travail, en sélectionnant de façon judicieux les secteurs porteurs. Aujourd’hui, si nous voulons promouvoir l’entreprise, il nous faut agir, de manière déterminante, sur notre environnement. Nous devons, en tout premier lieu, mettre à niveau nos infrastructures. De ce point de vue, nous nous réjouissons des efforts entrepris par le Gouvernement pour construire de routes et équipements de transport. Nous apprécions également la qualité des télécommunications nationales qui figurent parmi les plus performantes d’Afrique. Cependant, malgré la volonté et l’engagement de l’Etat, le secteur énergétique demeure encore une préoccupation du secteur privé national. L’Existence d’un système bancaire efficace, capable d’accompagner l’entreprise est également une nécessité pour promouvoir l’investissement.

Aujourd’hui, force est de constater que le système bancaire ne participe, au financement du PIB qu’à hauteur d’environ 20%. Dans des pays comme la Tunisie qui aspirent à l’émergence économique, ce taux tourne autour de 50%. C’est pourquoi, nous préconisons la réunion du Comité National du Crédit (CNC) pour se pencher plus sérieusement sur la problématique du financement de l’économie sénégalaise.

Sur  un autre registre, l’insuffisance de qualification de la plupart des demandeurs d’emploi constitue une contrainte pour la distribution du travail. IL urge de corriger cette situation car accroître la qualification des travailleurs est une politique porteuse tant pour les entreprises qui gagnent en productivité que pour les travailleurs qui peuvent prétendre à une meilleure rémunération. Bien que des efforts soient entrepris par les autorités, notamment vers l’atteinte de l’éducation universelle, il est indispensable d’accélérer et d’améliorer la formation générale et technique car l’écart avec les pays industrialisés et émergents demeure encore grand. L’amélioration du niveau de formation de nos compatriotes est d’autant plus nécessaire qu’elle conditionne celle de la productivité du travailleur sénégalais encore faible. En effet, selon la Banque Mondiale, si la productivité du travailleur sénégalais reste parmi les meilleures du Continent Africain, elle se situe  encore loin derrière celle des pays émergents. En effet, la productivité des entreprises du secteur formel est en moyenne 2,5 fois moins élevée qu’au Chili et 2 fois plus faible qu’en Chine.

Par ailleurs, le MEDS est préoccupé par la rigidité de la législation du travail. A notre avis, le SENEGAL doit accroître la mobilité sociale sur le marché du travail en rendant plus flexibles les procédures d’embauche alternatives aux contrats à durée indéterminée comme c’est le cas dans la plupart des pays de l’OCDE. Enfin, le moment nous semble venu de rationnaliser les différents instruments et fonds mis en place par le Gouvernement pour promouvoir l’emploi des jeunes. Dans ce cadre, une plus grande synergie devrait être recherchée entre le Fonds National de l’Emploi, le Fonds National de la Jeunesse et l’Agence Nationale pour l’Emploi des Jeunes(ANEJ). La Convention Etat – Employeurs (CEE) devrait également être évaluée et réadaptée à la situation du moment. En particulier, elle doit être ouverte à toutes  les  Organisations Professionnelles Patronales.

Madame le Ministre d’Etat, 

Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs,

Nous avons tenu à partager nos réflexions avec vous pour, qu’ensemble, nous trouvions des solutions durables à la problématique du sous – emploi dans notre pays qui passeront forcément par l’accroissement de l’investissement et le développement des PME/PMI. Avant de terminer, je voudrais souligner, ici, avec force, le soutien et l’engagement, à nos côtés, des pouvoirs publics. En effet, depuis la première édition du Forum, nous avons toujours été soutenus et accompagnés par le Chef de l’Etat et par le Gouvernement du Sénégal qui n’ont  ménagé aucun effort pour faire de la manifestation, un succès. La présence, parmi nous, ce matin, du Premier  Ministre et celle d’autres membres du Gouvernement constituent l’illustration la plus parfaite de l’intérêt que les autorités sénégalaises portent à nos activités. Cette présence constitue, assurément, un motif supplémentaire d’espoir et une nouvelle raison d’engagement. Avant de terminer, je voudrais remercier tous ceux qui ont répondu à notre appel pour faire du Forum du 1er Emploi ce qu’il est devenu aujourd’hui, c’est-à-dire un événement phare en matière d’insertion des jeunes.

Je voudrais également exprimer l’espoir de voir les attentes de ces centaines de jeunes, assis devant nous, se réaliser à la fin de ce Forum. Ce sera notre plus grande satisfaction et notre meilleur cadeau de fin d’année.

Je vous remercie de notre attention.

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